10.02.2006
Casablanca by night
j'avais envie de reprendre ce vieux texte ici, où je le trouve plus à sa place
Dix neuf heures trente,
une soirée d'automne.
La lumière écrasante à fait place à cette tendre vibration de l'air, lorsque le tremblement d'une feuille raconte l'éternelle histoire du vent. La nuit se pare du parfum bon marché des premières filles de joie que les taxis carminés et toussotants d'avoir couru toute la journée, déversent par flots réguliers sur le boulevard de la corniche.
Sous les halos de lumière blafarde, les embruns de la mer accourent pour les renifler et exsuder le ressac des vagues en un râle de plaisir chargé d'une haleine d'algues, grisant les premiers promeneurs en quête d'une suspension du temps loin du cœur battant de la cité blanche et de ses tracas.
De temps à autre un rire ou une voix résonnent à ma hauteur puis s'éloignent à petits pas, me livrant au silence feutré de ma promenade nocturne. Toute chose qui m'entoure devient plus intimement présente dans la douce chaleur qui s'étire paresseusement avant les premiers frimas. La mer, engourdie et immense, s'assoupit un instant avant d'être réveillée brusquement par le vol criard d'une poule d'eau audacieuse qu'elle fustige d'un crachat d'écume blanchâtre. Mes pensées vagabondent au dessus des vagues, rasant l'onde au rythme de ses ailes qui dissolvent en un battement les nuages, les lumières et les maisons de Sidi Abderahmane, bizarrement réduits à un vague gribouillis aqueux.
Une voix douce résonne d'un "bonsoir"…
et la mer se retire, farouche, dans la brume, rétractant mes pensées qui rampaient au gré des vagues, décrassant d'une brise légère les formes vacillantes qui se dissolvaient dans l'eau. Je me retourne pour répondre d'un sourire à l'onde qui s'engouffre dans la volupté de ton regard et l'on s'éloigne sans mot dire laissant la nuit, réveillée par les battements de nos cœurs sincères, recouvrir la ville de son manteau de brume.
Seul,
le minaret de la grande mosquée demeure.
© Lambdaoui
Casablanca, janvier 2004
16:39 Publié dans les randonnées | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Maroc authentique


Commentaires
preuuuuuuuuuuuums ! un vrai preums koi :) c la premiere fois que je met les pieds ici :)
en tt cas c agreable de te lire et puis...
"Une voix douce résonne d'un "bonsoir"…
crois le ou pas, sur ce passage, une voix douce a vraiment raisonné dans mes oreilles...
nice blog keep it up ,
Ecrit par : libelfly | 12.02.2006
De la solitude du promeneur de la corniche...
Je te sert un préjugé : La mer, le vent , l’eau sont trop présents dans ton récit. Les humains eux sont absents. Hormis les filles de joie évoqués au début et la nana (ou le mec) de la fin, j’ai cherché les gens, car casa ce sont les gens, et j’ai rien trouvé.
Je reste donc sur un goût d’inachevé.
Le minaret c’est du béton.
Lambdaoui: ujours un vrai plaisir de te lire . salut l'artiste.
Ecrit par : Larbi | 13.02.2006
Larbi -> Sauf ton respect, je trouve le texte parfait comme il est. Parfois, les gens ne sont que des accessoires risibles et insignifiants qui n'arrivent même pas à peupler notre solitude, quand celle-ci est vraiment profonde. La mer, le ciel, les nuages... Ce sont les seuls trucs qui ressemblent un peu à ce trou infini en nous...
Lambdaoui -> Très beau texte. ;-)
Ecrit par : mehdi7 | 15.02.2006
Lambdaoui, je me rappelle bien de ce texte qui reste toujours réjouissant et nostalgique à lire une seconde fois...
"Mes pensées vagabondent au dessus des vagues, rasant l'onde au rythme de ses ailes qui dissolvent en un battement les nuages, les lumières et les maisons de Sidi Abderahmane, bizarrement réduits à un vague gribouillis aqueux."
dima dima Casablanca ma ville natale...
Merci Lambdaoui mon ami/frère.
Ecrit par : dima | 16.02.2006
dima!! je me demandais où tétais passé :):)
lambdaoui
Ecrit par : lambdaoui | 17.02.2006
Bjr Lambdaoui,
Toujours en ligne avec tes mots et tu peux me croire ;-) sinon tu as oté le vert de ton autre demeure :((
mais bon je te félicite quand meme pour le nouveau burnous que tu lui a offerte, ça me rappelle un bon potage de poitiron :)
Bonne journée à toi.
Ecrit par : dima | 17.02.2006
pour la couleur gar3ia c'est que je me sentais l'âme d'un doukkali au moment de retailler le costume :))
lambdaoui...gar3aoui
Ecrit par : lambdaoui | 17.02.2006
pour la couleur gar3ia c'est que je me sentais l'âme d'un doukkali au moment de retailler le costume :))
lambdaoui...gar3aoui
Ecrit par : lambdaoui | 17.02.2006
Pas mal mon lambdaoui toujours l'humour au rendez-vous :)
mais sois sur que tu as du gout et du style ;-) les poétes sont connus aussi pour cela.
dima dima les vers et le vert...
Ecrit par : dima | 17.02.2006
J'ai lu jusqu'au bout... Tu nous fait vivre la chose. Les mots prennent un sens, on prend plaisir a imaginer la scène.
Tu écris bien, chose qui n'est pas donnée a tous... Merci pour ce plaisir. Au plaisir de te relire!
Ecrit par : Bsima | 17.02.2006
Lambdaoui, je t'avais déjà dit d'ignorer la perfection et de rester un doukkali dans l'ame... je n'arrive plus à accéder chez toi mon ami/frére là où le poitiron est bon à déguster ;-) sinon bon week-end en attendant Lundi et l'ouverture du Moussem MAROQUINERIE :)
Ecrit par : dima | 25.02.2006
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