17.01.2008

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Rass edderb

 

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06.03.2006

Tanger le soir

il y a eu casablanca....pourquoi pas tanger, ne serait-ce que pour faire plaisir à Mehdi en attendant le retour de Momo et d'abdel

medium_tanger923.jpg

De la mer s'élevaient, en embruns parfumés de varech, les premiers reflets d'un crépuscule livide.
C'était l'heure où la ville baissait la voix pour me murmurer quelques bribes de fastueux souvenirs, à travers chaque fissure de ses murs crépis par la sensuelle caresse du regard des hommes.
C'était l'heure où, l'ombre de Paul Bowles planait sur le café de la plage en odeurs de girofles et de jasmin et où le ciel reflétait le regard enflammé d'un Matisse ou d'un Delacroix.


C'était enfin l'heure où, je me sentais libre d'errer dans mes souvenirs collés en affiches défraîchies sur les murs peints à la chaux. Des recoins de chacune de leurs craquelures, s'écoulait suavement le nectar de ces délicieux moments, emprisonnés à jamais dans la pierre, mosaïque d'un rêve éveillé. Grisé par leurs odeurs, je déambulais l'allure fière de fouler ces pavés tant aimés. Ils me transportaient délicatement vers la plage, où tous ces souvenirs venaient perpétuellement s'étaler en vagues grisantes d'une nostalgie douce-amère.
L'ombre naissante enfantait un corps recroquevillé sur le sable humide de la grève. A quelques mètres à peine, une autre âme échouée sur le sable grelotte les mains entre les genoux, faisant vibrer l'air de la complainte silencieuse de ces enfants du sable.


Leur nombre augmentait de jour en jour sur les plages du détroit, où venaient s'échouer leurs rêves chimériques d'un lendemain meilleur, au delà de l'espoir aux couleurs de brume.


Je regardai le ciel. L'ombre du soir montait à l'assaut de la lumière fatiguée d'un jour agonisant, lacérant de griffes noires son manteau doré. Je regardais disparaître dans le firmament taché d'un sang aux reflets mauves, l'âme du jour en nuées d'oiseaux. Dans un dernier râle, le jour s'en fut. La nuit soupirait, par l'appel des muezzins, sa perpétuelle victoire sur les collines fleuries de petites maisons lilas…


J'aimerai toujours Tanger le soir…

lambdaoui

pour ecrits-vains.com - septembre 2003

10.02.2006

Casablanca by night

medium_mosquee.jpgj'avais envie de reprendre ce vieux texte ici, où je le trouve plus à sa place

 

 

 

 

 

Dix neuf heures trente,

une soirée d'automne.

La lumière écrasante à fait place à cette tendre vibration de l'air, lorsque le tremblement d'une feuille raconte l'éternelle histoire du vent. La nuit se pare du parfum bon marché des premières filles de joie que les taxis carminés et toussotants d'avoir couru toute la journée, déversent par flots réguliers sur le boulevard de la corniche.

Sous les halos de lumière blafarde, les embruns de la mer accourent pour les renifler et exsuder le ressac des vagues en un râle de plaisir chargé d'une haleine d'algues, grisant les premiers promeneurs en quête d'une suspension du temps loin du cœur battant de la cité blanche et de ses tracas.

De temps à autre un rire ou une voix résonnent à ma hauteur puis s'éloignent à petits pas, me livrant au silence feutré de ma promenade nocturne. Toute chose qui m'entoure devient plus intimement présente dans la douce chaleur qui s'étire paresseusement avant les premiers frimas. La mer, engourdie et immense, s'assoupit un instant avant d'être réveillée brusquement par le vol criard d'une poule d'eau audacieuse qu'elle fustige d'un crachat d'écume blanchâtre. Mes pensées vagabondent au dessus des vagues, rasant l'onde au rythme de ses ailes qui dissolvent en un battement les nuages, les lumières et les maisons de Sidi Abderahmane, bizarrement réduits à un vague gribouillis aqueux.

Une voix douce résonne d'un "bonsoir"…

et la mer se retire, farouche, dans la brume, rétractant mes pensées qui rampaient au gré des vagues, décrassant d'une brise légère les formes vacillantes qui se dissolvaient dans l'eau. Je me retourne pour répondre d'un sourire à l'onde qui s'engouffre dans la volupté de ton regard et l'on s'éloigne sans mot dire laissant la nuit, réveillée par les battements de nos cœurs sincères, recouvrir la ville de son manteau de brume.

Seul,

le minaret de la grande mosquée demeure.

© Lambdaoui

Casablanca, janvier 2004

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